Constance et Mehdi Le journal

Dans le journal, nous publierons des textes et des images aussi souvent que possible. Le journal fonctionne un peu comme un blog, tu as la possibilitÚ d'Úcrire des commentaires pour chaque article (les articles sont triÚs par pays).

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Cambodge
Demain, des l'Aube
postÚ le : 05/12/2006
les visages du Bayon

A l'heure ou blanchit la campagne, Nous partirons, sans voiture mais en pedalant, Nous prendrons les chemins qui menent aux montagnes, Vers les temples d'Angkor qui rougissent au levant. Mais demain est un autre jour (et demain ne meurt jamais), ne precipitons pas tout et revenons un peu en arriere sur les bords de mer du Golfe de Thailande. Apres le spleen de Kampot, place au Cambodge qui revit. Bienvenue a Sihanoukville, ambiance Darla Dirla Dada! Maillot de bain, chemises a fleurs et tongs au pieds (le saviez vous? C'est Mr Tong, cambodgien, qui inventa le concept), parfois une seule malheureusement pour les Cambodgiens (on estime a 40 000 le nombre d'amputes, aujourd'hui encore une personne par jour saute sur une mine). Les mines eparpilllees dans tout le pays conservent le permis de tuer et de mutiler bien apres la fin d'une guerre. Entre deux orages et une operation tonnerre, nous profitons quand meme de la plage, des fruits de mer et autres octopussy.

A Battambang, nous experimentons enfin le vrai transport traditionnel Cambodgien : le scooter a trois (il y a aussi la variante a quatre, cinq ...). A la fin de la ballade, nous sommes tous les deux egaux du point de vue du bronzage, un beau teint cuivre et les cheveux auburns que nous devons aux camions croises sur cette route de terre battue.
Beaucoup plus propre et encore plus original, le bamboo train est une experience unique. Assis sur une plateforme en bambou, posee sur deux essieux de train, nous filons emmenes par un petit moteur sur les rails tordus et mal alignes du chemin de fer qui relie Battambang a Phnon Penh. Comme il n'y a qu'un train officiel par jour, les habitants ont trouve ce moyen ingenieux pour se deplacer et transporter leurs marchandises. La partie devient encore plus amusante, quand on se retrouve nez a nez avec un autre bamboo train venant en sens contraire. La, il y a discussion et les moins costauds demontent vite fait leur train pour le remonter juste derriere en moins de deux minutes.

De Battambamg, nous rejoignons Siem Reap en bateau par les petites voies navigables de Tonle Sap. Pecheurs, maisons flottantes, vol de poissons qui atterrissent parfois dans le bateau, manquant de le faire chavirer car nous sommes deja surcharge, vol de pelicans et de cormorans se relaient pour nous distraire de ce long periple.
Apres ce long voyage paisible, nous sommes assaillis a l'arrivee par une nuee de tuk-tuk en furie! Tuk-tuk sir! Tuk-Tuk lady! Autant s'habituer car nous voici a Siem Reap, epicentre touristique du Cambodge.

Siem Reap, petite ville de province se developpe a un rythme effrene, celui des cars de touristes, chaque annee plus nombreux qui viennent du monde entier decouvrir les merveilles d'Angkor. Le site est soi disant membre du club, pas si ferme que ca, des 7 merveilles du monde. Si quelqu'un s'amusait a les denombrer, il decouvrirait sans doute qu'on est plus proche des 50 (sans compter toutes les 8e merveilles du monde). Rappelons que les 7 merveilles du monde, sont un concept de la grece antique soit quelques siecles avant que la premiere pierre d'Angkor ne soit posee.
Mais ne soyons pas tatillons, les diamants sont eternels, ces histoires de classement sont stupides et le site d'Angkor est d'une incomparable beaute, comme celui de Petra, des grottes de Dunhuang ou encore du centre Georges Pompidou!

C'est avec beaucoup d'apprehension, que nous abordons le site le premier jour, plusieurs personnes nous ayant avertis qu'il etait envahi de hordes touristiques piaillantes et pietinantes, braillantes et fatigantes, en un mot emmerdantes. C'est vrai quoi, on peut pas etre tout seul sur le site ? C'est quoi cette organisation? T'as vu le prix du billet? En plus, c'est nous les contribuables francais qu'avons tout paye la restauration. Appellez moi le directeur!
Serieusement, tout cela est bien exagere. Avec un peu de jugeotte, on peut tout a fait visiter quasiment seuls l'ensemble des temples d'Angkor. Rien a voir avec la vraie foule compacte made in China.

Nous avons eu les deux premiers jours la folie d'emprunter la voie de l'inconscience avec le petit vehicule (le velo). Depart de nuit a 5h du mat (j'ai des frissons), une dynamo pour deux, priant pour ne pas tomber dans un trou, nous pedalons a perdre haleine pour arriver avant le soleil. Riz saute au p'tit dej, pneu creve ou pedale explosee, 5 litres d'eau par jour, pose soda, 30 minutes maxi, retour de nuit apres la photo sunset ou le ciel eteint son golden eye. Le 3e jour, nous jettons l'eponge (bien imbibee de sueur) pour nous affaler, comme le roi et sa concubine dans leur palanquin, a l'arriere d'un tuk-tuk.

Angkor fut du 9e au 14e siecle le coeur de la civilisation Khmere. Les vestiges sont encore admirables et si certains sont completement degages et tres bien restaures, d'autres conservent le charme de temples perdus dans la jungle. Les fromagers geants aux troncs aux aretes saillantes poussent leurs racines en travers des pierres qui gemissent au son strident des scies circulaires (petits insectes proches des grillons et dont le bruit ressemble a s'y meprendre a celui de l'Airbus A380 au decollage). Pendant que je prends les belles Apsaras, Constance, elle, se prend pour Lara Croft. C'est un endroit ou il est facile de perdre la boule. Andre Malraux en a fait l'experience lorsqu'il est venu ici pour faire quelques emplettes avant de se faire "pecho" avec quelques bas-reliefs dans ses valises. Nous on a rien ramene. N'allez pas imaginer qu'on vous rapporte des babioles! Juste les photos, Rien que pour vos yeux

A Siem Reap, une fois dans notre chambre, nous re-decouvrons chaque soir un autre monument, du 7e art cette fois, et pas une des sept merveilles du monde. Sur les chaines cinema, passe en boucle l'integrale James Bond de Sean Connery jusqu'a Daniel Craig (et oui, nous sommes en Asie)! Finalement, ce qui est bien dans les James Bond ce sont les parodies (Austin Powers et consorts) parce que sinon qu'est ce que c'est tarte. Petite nuance quand meme pour le dernier qui a l'air un peu plus epice (on a vu que la fin, ce qui est un peu couillon quand meme). En tout cas, il y a une constante, sur laquelle nous terminerons ce recit :

Constance et Mehdi will return

Voila, tu peux aller regarder les photos avec la musique de James Bond en tete. Bons baisers du Cambodge.

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Tristes Tropiques
postÚ le : 24/11/2006
Piroguier a Kratie

Les cheveux aux vents nous roulons a la vitesse d'une tortue au galop sur une petite route longeant le Mekong. Nous avons rendez-vous cet apres midi avec les dauphins Irrawaddy pour une partie de cache cache. En attendant ce grand moment nous profitons de la balade. Comme souvent, ce n'est pas le but a atteindre qui provoque les plus grandes emotions mais la route en elle meme, jalonnee de surprises. De belles maisons en bois sur pilotis, des enfants rieurs qui helent des hello en agitant les mains, des charettes a boeufs, des paysages de rizieres verts tendres et le grand fleuve boueux qui ne nous quitte pas depuis la Chine enchantent nos regards. A tel point que Mehdi, absorbe par le paysage, roule sans sourciller sur le serpent d'au moins 1m50 qui a la mauvaise idee de traverser devant notre roue. Quand a moi, a l'arriere du scooter, je pousse de hauts cris et me tremousse, mais pas autant que la pauvre bete qui se tord de douleur a s'en faire des noeuds.
Heureusement que Mehdi ne l'avait pas vu, avec sa phobie des serpents qui excede de loin mon degout des petites betes a 6 pattes (cafards, punaises...) nous aurions fini dans le decor.

Apres cette petite frayeur nous appareillons pour nous lancer a la recherche des dauphins perdus. Nous ne tardons pas a apercevoir la un bout de nageoire dorsale, la juste l'air expulse de leur event. Nous revons de cabrioles, de sauts perilleux comme dans le Grand Bleu mais qu'est ce que nous croyons? Ils ont autre chose a faire qu'amuser les touristes. La peche est une chose serieuse.Tant pis nous passerons quand meme un bon moment a epier la surface de l'eau la tete en mode radar, nous prennant pour Cousteau a bord de la Calypso.

Fin du reve, arrivee a Phnom Penh capitale bruyante et crasseuse, stressante avec ses moto-taxi et tuk-tuk a l'aguet des touristes, peu engageante avec ses rues mal eclairees le soir et ses maisons ornees de barbeles. Phnom Penh est a l'image d'un pays pauvre et devaste par la guerre. Celle ci n'est pas si vieille et a ravage le Cambodge.
Apres 5 ans de guerre civile,les khmers rouges prennent le pouvoir. Entre 1975 et 1979 ils aneantiront ce pays et detruiront sa population en envoyant a la mort pres de 2 millions de personnes (presque un tiers de la population). Le regime de Pol Pot a vide les villes pour envoyer le peuple aux rizieres et tout ce qui pouvait passer pour un "intellectuel" (comme par exemple les porteurs de lunettes) directement aux charniers.
Le centre de detention S21 devenu aujourd'hui memorial etait une ecole avant d'etre transformee en prison et centre de torture. Torture et maltraitance precedent toujours la "destruction" des prisonniers. Aujourd'hui on peut visiter S21 et voir sur ses murs les visages des victimes toutes photographiees au moment de leur arrivee au centre et apres. Dans les couloirs sinistres de l'ecole abandonnee, on voit parfois un panneau bien incongru: un visage souriant barre d'un trait rouge, pour rappeller aux gens distraits qu'ici il n'est pas permis de rigoler.

On ne peut s'empecher, en voyant les gens de plus de 40ans de se demander quelle etait leur vie sous les khmers rouges. Partout des anciens bourreaux et des victimes vivent ensemble et se croisent tous les jours. Si le regime khmer rouge est tombe en 1979, ils ont continue jusqu'en 1998 et meme un peu au dela a assassiner en toute impunite.
Le calme est revenu dans le pays, la vie reprend mais comment vit on quand les assassins de votre famille vivent sans etre inquiete ou bien sont juste morts de vieillesse?
Comment vit on dans un pays dirige par d'anciens Khmers rouges car toute l'elite intellectuelle a ete massacree ou bien s'est exilee?
Les touristes commencent a affluer au Cambodge pour Angkor bien sur, les plages de Sihanoukville et la vie pas chere. Nous touristes nous ne pouvons comprendre ce qu'ils ont vecu mais on ne peut s'empecher d'y penser. Enfin ce n'est peut etre pas le cas de tous le monde car nous sommes revoltes de voir trop souvent des jeunes "Hi Guys" soit completement ignorants soit completement stupides, voire les deux, se pavaner avec des tee shirts et casquettes "cool" reprennant les symboles communistes Khmer rouge.

Nous repartons vers le sud pour aller voir la mer. Le voyage est epique avec la suspension du bus qui nous lache au bout d'une heure. Des 4 heures prevues nous en mettrons 7. Heureusement que nous avons le karaoke pour nous distraire. 100% de chansons tristes avec au choix
si c'est un chanteur:un garcon pauvre qui se fait plaquer pour un gars riche (qui lui, a une voiture et pas un velo, un buffle ou bien une mob qui marche pas),
si c'est une chanteuse: une fille qui s'est fait plaquer et qui veut qu'il revienne (mais il ne revient pas) ou bien qui se fait tromper et qui courageusement met le gars a la porte (mais qui pleure beaucoup quand meme parce qu'elle l'aime encore ce cretin).

Nous logeons a Kampot, ville aux batiments coloniaux delabres, ce n'est pas encore la mer mais ca y ressemble. La ville est traversee par une riviere et la promenade qui la longe est semee de cocotiers.
Nous louons encore un scooter (fantastique moyen de locomotion) pour explorer les environs. Nous atterissons d'abord a Kep qui etait la station balneaire chic du Cambodge avant l'ere Khmer rouge. Elle parait oubliee la ville de Kep. Les villas au style 60's sont depuis longtemps abandonnees et la petite plage artificielle est deserte. Je prends mon premier bain de mer depuis la mer rouge en compagnie des fantomes. Nous partons apres le dejeuner et laissons la ville se reposer en paix apres toute l'agitation que les deux visiteurs qui viennent d'y passer ont provoque.

Au retour nous empruntons les sentiers buissoniers pour decouvrir, apres le charmant spectacle de la campagne camgodgienne, un petit temple dedie a Ganesh (le dieu hindou a tete d'elephant) bien cache dans une grotte peuplee de chauves souris. La journee se termine avec les derniers reflets du soleil couchant sur les salines de Kampot.

Pour achever ce recit empreint de tristesse par une bonne louchee de melancolie, parlons du parc National du Bokor.
Au debut du 20eme siecle, les francais ont eu cette idee folle d'aller construire, au beau milieu d'une jungle epaisse, une station de vacances avec vue sur la mer et le Vietnam. Ce lieu hautement strategique a evidemment ete investi par les khmers rouges et aura ete un de leur tous derniers bastions face a l'invasion vietnamienne qui mis a bas le regime. Il n'en reste aujourd'hui que les murs de batiments fantomes: la residence du roi, l'eglise, l'impressionnant hotel casino aux murs couverts de mousse orange qui temoignent de la grandeur passee, des ravages de la guerre et de la desolation d'aujourd'hui.

Il en reste aussi le squelette de la route d'autrefois, une des pires pistes qu'il nous est ete donne d'emprunter en 3 h de ballotage (et il y aura un deuxieme tour!) a l'arriere d'un pick up, attentifs aux trous, bosses, rochers, troncs d'arbres qui agrementent le voyage.
Heureusement le retour passera plus vite, absorbes que nous sommes par la discussion avec d'autres "tourdumondistes": Raphael et Sylvie. Discussion entrecoupee de grandes reverences mutuelles pour ne pas se ramasser de grandes claques vegetales en pleine figure. On achevera de se tanner le cuir du derriere sur le pont du rafiot qui nous ramenera par voie de mer puis de riviere, jusqu'a Kampot en slalommant entre les bateaux de peche partant au large poser leurs filets.

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Les pieds dans l'eau, les yeux au ciel
postÚ le : 18/11/2006
nature morte en orange

Au beau milieu du Mekong, les petites vendeuses aux chapeaux pointus s'affairent autour des passagers pour remplir leurs estomacs de beignets, soupes de nouilles (phoe), grillons et petits oiseaux grilles ou poissons seches. Nous sommes parmi eux, assis sur des sacs de riz a l'arriere d'un tuk-tuk, lui meme pose sur le bac qui traverse le fleuve. Nous sommes en route vers les 4000 iles qui resistent vaillamment aux flots impetueux du Mekong avant leur passage en terre Cambodgienne.

Nous faisons etape a Don Khong, la plus grande de ces iles, juste le temps de nous plonger dans la lecture de magazines, de vider quelques godets de Lao Lao et d'enfourcher la petite reine pour un tour de l'ile. Puis nous partons rapidement vers Don Khone, plus rustique, pour nous echouer dans une paillote sous les cocotiers, les pieds dans l'eau et la tete dans les nuages. Au royaume des gens tranquilles, les "insulaires" de Don Khone sont les rois. C'est ici la capitale mondiale de la douceur de vivre. Nous parvenons tout de meme a nous extirper du hamac pour quelques promenades sur de vieux velos aus selles epaisses. Il le faut bien, car il n'y a que des pistes cahotiques et un vieux chemin de fer francais dont les rails se retrouvent eparpillees sur l'ile pour y remplir les fonctions les plus diverses.

Nous sommes a Don Khone les spectateurs chanceux du theatre agreste qui se joue chaque jour sous notre nez. Les chapeaux en bambous (c'est super doux) ou en plastique (c'est fantastique), emergent de-ci de-la des rizieres : c'est le temps des moissons. Sous les maisons sur pilotis les gerbes s'entassent, les egraineuses a pedale ronronnent et le riz s'amoncelle. Sur la rive, au soleil couchant le ballet des buffles commence, emmene par des enfants, ils viennent prendre un petit bain rafraichissant avant de ceder la place aux habitants munis de savonnette et brosses a dents pour la toilette du soir. Au crepuscule, en ombre chinoise, on voit passer les bateaux des pecheurs qui viennent relever leurs lignes et leurs filets sur les eaux ou viennent expirer les derniers rayons du soleil.

Tout cela sent la melancolie a pleine narines et a des relents de solitude. Depuis le Sichuan et les marches tibetaines peu de rencontres avec d'autres voyageurs et nous avons besoin d'echange. Juste quand nous commencions a desesperer, la providence a mis sur notre chemin Michel et Regine, grands barroudeurs avec qui nous passons une soiree tres agreable a papoter sur la Chine en degustant un excellent poisson que nous avons eu la mauvaise idee de commander tous les 4. Ne nous plaignons pas car si nous avions ete 8, ce n'etait pas un quart de poisson mais moitie moins que nous aurions eu a nous mettre sous la dent. C'est donc l'esprit rassasie que nous partons nous coucher, le ventre creux.

Comme un bonheur ne vient jamais seul, le lendemain, encore tout plein de sommeil, les yeux a moitie ouverts, a la recherche desesperee d'un peu de cafeine, nous sommes happes par l'energie debordante de Herve et Pascaline qui nous embarquent voir les big waterfalls du Mekong. Tous les deux sillonnent la planete chaque vacances depuis 25 ans et particulierement en Asie du Sud Est. Nous resterons une bonne semaine avec eux et ils ne seront jamais a court d'histoire incroyables et anecdotes savoureuses. Le lendemain, nous embarquons ensemble avec une vingtaine d'autres touristes, tasses commes des grains de riz collant dans des minibus exigus, en piste pour le cirque du passage de frontiere. Nous quittons sans encombre le Laos mais pour l'entree au Cambodge, c'est une autre histoire. Tous les autres touristes payent sans broncher le bakchich de 1 a 2 dollars (a la tete du client) demande, certains glissent le billet dans le passeport, pour les autres c'est de mano a mano! Tous ? Non, 4 petits gaulois, resistent a la corruption vaille que vaille. "Pas de papier officiel ? Pas d'argent." Nos passeports sont mis de cote, on fait passer tous les gentils payeurs avant... puis on nous tends en dernier les notres, sourire compris. La corruption ronge ce pays, il appartient a chacun d'eviter de la cautionner.

En terre Cambodgienne nous sommes frappes par la deforestation due aux pratiques de culture sur brulis. Nous rejoignons directement le Ratanakiri en taxi. Apres d'apres negociations, car nous voulons le taxi collectif pour nous 4 alors qu'ici un taxi (voiture normale) c'est 6 passagers plus le conducteur, nous partons. Sur la route, nous verrons jusqu'a 4 personnes + 2 enfants rien que devant... Mais pour 4 europeens dont 2 gaillards de plus d'1m86, non. Sur la route, notre chauffeur garde une vitesse constance de 70 km/h sur la piste poussiereuse malgre les trous d'elephants. Quelques jolis vols planes dans l'habitacle avec fracassage du crane sur le toit en prime. Finalement, on se dit que ce n'etait pas trop cher paye pour 4 suspensions et un essieu a changer tres prochainement.

Banlun est la capitale de la province reculee du Ratanakiri, ici ce n'est pas la pollution mais la poussiere qui recouvre la ville d'un epais nuage rouge. Pas d'internet, pas de telephone, mais pourtant pas mal de touristes en quete "d'aventures". Nous choisissons le 4x4 (comme on est 4) avec un guide qui se met en 4 pour nous expliquer la vie des villages des ethnies Kroeng et Jarai.

Les villages sont quasi-deserts car les adultes sont aux champs. Il ne reste que quelques enfants et vieillards. Nous laissons quelques comprimes d'aspirine, si peu de chose, pour assister les esprits largement sollicites pour apaiser et guerir les malades. Ici les medecins ne viennent pas et les villages n'ont plus qu'a construire des autels en feuilles de bananiers et sacrifier des petits cochons (voire de gros bufles) selon les conseils de la doyenne du village, bombardee rebouteuse en chef. On a le sourire tout de meme, en voyant les cahuttes rikikies des enfants qui des 12, 13 ans prennnent de l'independance en fuyant le foyer familial pour s'installer juste en face, pas de de Tanguy ici! Nous retrouvons un groupe de villageois en train de festoyer et faire des offrandes avant la recolte du lendemain. Ils nous offrent du vin de riz a boire a la paille dans des jarres en terre cuite. Puis nous rejoignons en bateau un village plus eloigne encore. La, nous accueille le chef, coiffe de son krama rouge et blanc. Il nous presente ses deux cercueils. La coutume veut qu'on taille soi meme dans un tronc son cercueil avant de mourir (c'est plus difficile apres). Si celui-ci en a deux, ce n'est pas parce qu'on ne vit que deux fois mais parcequ'il n'a pas le compas dans l'oeil et a vu trop juste pour le premier. C'etait un peu juste pour les epaules! Le cimetiere est un jardin tropical fleuri de statues en bois representant les defunts (tre)passes et a venir. Ici la mort est dans n'importe quelle circonstances une occasion pour faire la fete.

On plante un bananier sur la tombe du defunt, s'il pousse bien, c'est qu'il est heureux sinon... on en replante un autre.

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